Bon, voilà, un petit texte bien nunuche, je ne sais pas si je le classe dans Amour ou Texte Personnels, disons textes ... Bonne lecture, j'espère que l'histoire vous plaira ...
C'était un pâle jour d'hiver.
Il était jeune, blond, les muscles encore longs et fins. Il croyait au coup de foudre, à la vie après la mort, que tous les gens étaient gentils ...
Elle, c'était plutôt le genre rebelle, bottes et vêtements noirs, les idées claires, sans illusions.
Dans un tramway d'une grande ville, un introverti, une "goth" se croisent, leurs regards ne se cherchent pas, pourtant ils se trouvent...
La vie tient parfois à peu de choses, à un tram, un regard.
Elle était intriguée, elle avait beau essayer de détacher son regard, il restait impassible, c'est comme si tout le reste était devenu invisible, sauf ces yeux ...
Lui était pétrifié, il avait bien remarqué cette jolie fille embarquer - il avait toujours aimé ces filles un peu sophistiquées-, mais il n'avait pas cherché son regard, cela l'intimidait. Il était là, ne pouvant plus bouger, ne pouvant plus penser.
Puis, un sursaut du tram les fit rompre le contact. Jamais ils ne se sentirent si troublés. La fille naturellement extravertie était redevenue une petite fille, timide et réservée. Lui, être naturellement rejeté par ses semblables, froussard et refermé sur lui-même, prit la première et meilleure décision de sa vie, il s'approcha d'elle. Au début, il ne put que bafouiller quelques mots stupides, sans suite. Mais au fur et à mesure qu'il parlait, il se sentait de plus en plus libre. Pour finir, il lui demanda : "Tu veux prendre un café ?".
Elle, toujours dans sa rêverie n'avait rien entendu de ce qu'il avait dit, elle avait juste compris ces derniers mots. Prise de court, elle accepta, gênée par le trouble qui l'habitait.
Pour ne pas l’intimider, il lui laissa le choix de l'endroit. Elle, par peur, choisit un pub non loin de chez elle. Elle n'avait vraiment pas envie de s'attarder si cet homme étais un pervers, un violeur, ou pire encore un tueur, mais l’envie de ne pas le perdre de vue était la plus forte.
Le pub était bondé, la culture rock suintait de tous côtés, la musique sortait hurlante des enceintes placées un peu partout dans la longue pièce. Il faisait assez sombre, les tables, des tonneaux, éclairés seulement par une lampe placée au dessus. L’atmosphère générale était assez lourde, mais pourtant, ils se sentirent tout de suite en confiance ... Ils parlèrent longtemps, de choses insignifiantes. Ils étaient contents d'être là...
Ils burent beaucoup. Elle, ne voulant pas passer pour une prude, ne prit que de la bière. Lui, fidèle à lui-même, que du soda. Après plusieurs heures de bon temps, ils décidèrent de rentrer chez eux. C'est à ce moment là qu'il se rendit compte qu'elle était ivre. Elle pouvait à peine tenir debout. Il prit donc sur lui de la racompagner chez elle. Heureusement, elle se souvenait encore du chemin jusque là ...
Son studio était assez petit, on aurait dit une chambre, sauf qu'il y avait de quoi cuisiner et un wc. Il était propre, bien rangé malgré tout ce qui s'y trouvait.
Il l'aurait bien couchée sur son lit, mais elle vomissait trop pour ca, une chance qu'il y avait un wc, il n'avait vraiment pas envie de vider un seau ... Quand elle se fut un peu remise, il lui enleva son manteau de cuir qui était souillé, ses bottes, ses chaussettes, ses bijoux à piques. Il avait si peur qu'elle se blesse. Et il la coucha.
Le lendemain, quand elle s’éveilla, il était déjà treize heure. Il était toujours là, assis sur son " pouf ". Il lui faisait face, et quand il vit qu’elle était réveillée, il sourit.
Elle ne savait que dire. Il était là, beau comme un ange, même avec ses yeux fatigués. Elle avait mal à la tête, même ses cheveux étaient douloureux. Elle se mit sur son derrière, la tête lui tourna quelques secondes, elle eut envie de vomir à nouveau. Mais après quelques secondes, elle se senti mieux.
Il lui tendit un verre d’eau. Elle le prit et remercia entre ses dents. Elle but, l’eau froide lui rendit les idées plus claires. Elle se rendit compte qu’elle était toujours habillée comme la veille, quelques babioles en moins. Elle vit aussi son manteau sur un ceintre, propre, à un endroit autre qu’où elle le rangeait habituellement, ses chaussures sur le paillasson a l’entrée, ses chaussettes dans un coin de la pièce, ses bijoux à leur place, avec les autres, dans leur boîte. Elle ne la fermait jamais, de toute façon, elle était devenue trop petite avec le temps. Tout semblait pareil, mais quelque chose avait changé, sans qu’elle ne puisse mettre le doigt dessus.
Après quelques minutes de contemplation, elle croisa à nouveau le regard du jeune homme. Cette fois-ci, elle rompit immédiatement le contact, elle avait honte qu’il l’ai vue ainsi. Elle était tellement mal à l’aise et avait si mal qu’elle commenca à pleurer. Elle essaya de le cacher du mieux qu’elle put.
Lui, remarquant son désarroi, ne savait que faire, s’approcher, s’en aller, lui parler, ... . Il n’avait aucune envie de partir, elle était décidément trop belle, même dans cet état. Il choisit donc ce qui lui semblait le plus adéquat. Toujours sous le coup de sa timidité, il commenca à lui parler de choses et d’autres, essayant de la divertir, évitant tout commentaire sur son état. Voyant qu’elle ne réagissait pas, il prit son courage à deux main, et s’assit à côté d’elle, lui prenant la main ... Elle se blotit contre lui, heureuse qu’il n’ait pas profité d’elle pendant qu’elle était saoûle, et qu’il se décide enfin à s’approcher ...
Depuis ce jour, ils ne se sont jamais quittés. Voilà maintenant dix ans.
L’histoire ne dit pas s’ils vécurent longtemps et eurent beaucoup d’enfants, elle dit seulement qu’ils vécurent heureux, amoureux, et dans la béatitude complète malgré tout ce qui pouvait leur arriver ...