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Textes Personnels

Mardi 10 octobre 2006
    D'un côté, il y a un homme, cet homme n'a rien de particulier, si ce n'est le fait qu'il est grand, très grand, qu'il a les cheveux longs, bouclés, et brillants, brillants comme le Soleil en plein midi. Mais il n'est rien de plus. Il est juste là, nu comme un vers, attendant ...
    De l'autre, il y a une petite foule qui s'amasse le long du trottoir, regardant cet homme en tenue d'Adam, feuille de vigne en moins, qui les observe de son piédestal brillant. Ils se demandent probablement ce qu'il attend, ce qu'il fait là, ce qu'il est. Ils se disent tous :
« Pourquoi attendre quand on peut faire les choses rapidement ? ». Mais il est ainsi, il aime prendre son temps, voir les choses, penser longuement, et puis, peut-être, si le cœur y est, agir ...
    Alors que le temps se fait long, après des minutes interminables de regards jetés, il se décide à passer à autre chose, à faire ce pourquoi il est là, il fait quelques pas en avant, un, puis deux, puis trois, le voilà, sombrant, tout doucement, lentement, il vole, vole, bientôt, il touchera fond.
Après d'autres longues minutes, il était toujours nu, n'était rien de plus qu'auparavant. Les gens étaient toujours là, le regardant. Lui ne regarderait plus jamais. Et ils se demandent ce qu'il fait là, qui il est, ce qu'il est. Maintenant, ils savent ce qu'il attendait : la paix ...
Par Rodrigue
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Mardi 10 octobre 2006
 L'action se passe en décembre, tout est calme, comme d'habitude dans la petite ville de Brighton, en Grande-Bretagne. Les gens se sentent bien, et malgré une recrudescence de la criminalité, il y fait bon vivre. C'est en tout cas ce qu'aimait se dire Percheval tous les matins en prenant son café. Il n'avait jamais aimé le thé. Il était cadre dans une entreprise de fabrication de chaussettes en laine de lamas Alpagas. Il gagnait bien sa vie, était marié et avait deux enfants, qui étaient déjà grands maintenant. Malgré son âge plutôt avancé, 70 ans, il n'arrivait pas à se décider à arrêter.
Un jour, Percheval rencontra un jeune homme dans une petite rue peu fréquentée où il avait l'habitude d'aller se promener quand il cherchait le calme et la solitude. Dès le premier regard, il fut frappé de stupeur, cet homme, il le reconnaissait, c'était son portrait tout craché, mais celui de 50 ans auparavant, quand il était encore jeune. A cette époque, il ne connaissait même pas encore Jena, sa femme.
Ils se rapprochèrent l'un de l'autre jusqu'à se trouver face à face, ils restèrent là longtemps, à se toiser. Puis, sans mot dire, ils s'éloignèrent, passèrent leur chemin. Le lendemain, le vieil homme reprit le même chemin, à la même heure, il rencontra à nouveau le même jeune homme, fut toujours frappé par leur ressemblance, mais n'osa pas lui parler.
Le troisième jour, il avait pris tout son courage, était parti dans la ruelle, à la même heure, y resta longtemps, mais son jeune sosie ne vint pas. Pas plus que les deux jours qui suivirent. Percheval, déçu, honteux qu'à son âge, il soit encore aussi intimidé, abandonna l'idée de le revoir un jour. « Simple coïncidence » se dit-il.
Le destin a des vues pour chacun de nous. Percheval n'y avait jamais cru. Sa compagne avait beau lui répéter, il ne voulait même pas en entendre parler. Une semaine après sa première rencontre avec l'homme, Percheval le revit contrairement à toute attente. Il était sur le perron, et l'appelait « papa ». Tout à coup, il avait tout compris, la ressemblance et l'inquiétude qu'il avait ressentie : il était sorti. Malgré tout son amour pour lui, il n'avait jamais pu lui pardonner, il avait déshonoré le nom qu'il lui avait donné, le sang qui coulait dans ses veines, et pourtant, il le laissa entrer dans la maison qui jadis fut aussi la sienne.
Le jeune fils, une fois la porte fermée, sortit son nouveau jouet, un authentique Luger trouvé sur une brocante quelques jours après sa sortie de prison, le pointa en direction de la nuque de son père, et fit feu. Une fois, deux fois, trois fois, quatre, cinq, six, sept, huit, clic, clic, clic, le chargeur est vide. Sans même prêter attention au sang mêlé de sueur qui lui coule sur le visage et qui tombe en petites gouttes sur le sol, il part à la recherche d'argent dans tous les recoins de la maison, et ne trouve pour seul butin que quelques bijoux de peu de valeur.
Dans sa fuite, le jeune homme croise le chemin d'un camion, le rapport de force est énorme, il s'effondre, les babioles s'envolent, lui aussi est mort, à moitié écrasé sous le poids du semi-remorque, il n'a même pas eu le temps de se voir mourir, il est déjà éparpillé un peu partout sur la route...
Comme l'avait toujours dit Jena : « Le destin a des vues pour chacun de nous ». Elle était vivante, et n'avait que ses yeux pour pleurer, sa bouche pour crier.
Et le destin, lui, riait.
Par Rodrigue
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Mardi 10 octobre 2006

  Jean était las, moi aussi, mais le coeur y était. Il ne restait plus grand chose à faire avant de pouvoir se reposer. On mettait le point d'honneur aux préparatifs pour le feu d'artifice, encore quelques réglages et la réponse de MétéoSat et on pourra aller pioncer quelques heures avant la soirée.
    La vie est parfois bête mais en retournant chez moi, j'ai eu une drôle d'impression, comme si l'obscurité s'emparait de moi, comme si dans les quelques minutes qui allaient suivre, je vivrai une des périodes les plus sombres de mon existence. Si je m'étais écouté à ce moment là, je me serai sûrement arrêté sur le bord de la route, j'aurais appelé un taxi, mais j'étais pressé de rejoindre ma femme et mes enfants, et surtout de dormir un peu.
Après ce moment d'angoisse, je me suis comme réveillé, je me souviens d'un camion, il était bleu avec une guirlande lumineuse dans la cabine, je l'ai vu grandir, grossir, devenir énorme jusqu'à ce que je ne voies plus que le sigle étoilé qui ornait le capot, et puis, le noir m'enveloppait, mais cette fois-ci, c'était plus qu'une simple impression.
Le premier souvenir qui me vient après ça, c'est la douleur, j'étais dans la salle d'opération je crois, je voulais hurler, je voulais pleurer, je voulais bouger, mais rien ne se passait comme je voulais, je n'arrivais même pas à ouvrir les yeux, c'est comme si mon esprit était enfermé dans ce corps qui ne faisait rien d'autre qu'avoir mal. J'entendais une femme demander continuellement des outils : bistouris, écarteurs, et autres instruments de torture, et près chaque demande une douleur plus vive.
    Après ce "sommeil" douloureux, on m'a emporté, transporté, jusqu'à un endroit calme et chaud. Et ensuite, j'ai entendu Marivone parler près de moi, je l'ai sentie prendre ma main, et j'étais heureux malgré que je ne pouvais lui répondre. Puis, j'ai entendu mes enfants, tous les trois, ils parlaient tout bas "pour ne pas me réveiller".
Les années ont passé, je le sais parce que Marivone avait toujours cru que je l'entendais et que j'allais me réveiller, c'est pourquoi elle me mettait la radio tous les matins, quand elle passait avant d'aller travailler. Puis un jour, exactement trois ans après mon accident, mon testament entrait en vigueur, j'avais écrit qu'après trois année d'un état végétatif, je voudrai qu'on prenne mes organes pour les donner à plus nécessiteux et qu'on me mette sous ma terre natale ... Qu'est-ce qu'on peut écrire comme conneries quand on a pas vécu les choses, j'aurais mieux fait de me taire, maintenant, je vais mourir pour un vulgaire bout de papier, et pourtant, je ne suis pas mort, je vous entend, je suis là, tout au fond de mon corps, enfermé, s'il vous plaît, ne me tuez pas. Mais déjà, je sens que la mort s'approche avec ses outils, bistouris, écarteurs et autres instruments de torture ...
Par Rodrigue
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Mercredi 8 novembre 2006

Il est là, dans le noir, il n’a pour seule lumière que les petits yeux des rats qu’il voit passer le long des murs. Il attend, calmement, que l’heure passe. Il ressasse sa vie morceau par morceau, période par période, lieu par lieu, bonnes actions, remords. Et puis, au beau milieu de ses pensées, un grincement, comme si dix milles âmes se plaignaient en même temps, horrible. Et en même temps, la lumière, d’une infinie clarté, ses yeux n’y étaient plus habitués, et il lui fallu plusieurs minutes pour distinguer l’homme qui lui parlait.

On lui apporta une chaise, il s’y assit. Un homme arrive près de lui, lui coupe les cheveux, lui rase la barbe, et s’en va, sans prononcer un seul mot. Puis, on l’emmène dans la salle des douches, il se lave, met les vêtements qu’on lui présente, et va dans la cour, où tout le monde l’attendait.

Là, il dit une dernière phrase en pensant fort à Elle : "La mort n’est que le commencement, je t’aime. Adieu". Et puis, on entendit le "cuic", puis le "ssssssss", et enfin le "chlak", il était là mort, décapité, sa fiancée dans les pensées.

Par Rodrigue
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Mardi 28 novembre 2006

    Oyez bonnes et mauvaises gens, grande nouvelle, prenez garde, un Mage noir des temps passés est revenu plus puissant pour notre malheur. En premier lieu, il se contentait d'ennuyer les gens en leur envoyant tempêtes et autres phénomènes climatiques de mauvaise augure. Actuellement, nous avons appris qu'il s'était mis en tête il y a quelques millénaires de trouver un meilleur moyen de torturer les hommes. Nous croyons qu'il en a trouvé un. Il est tellement fourbe qu'il l'a créé pour qu'il semble normal à tous, mais sachez bien, bonnes gens, qu'il n'en est rien, ce mal peut être combattu. Mais ne traînons pas, il pourrait nous envoûter avant que j'aie fini cette histoire : il a inventé ... la mauvaise humeur, bien que cette terminologie n'englobe pas la totalité du problème ...

    Oui, je sais, vous avez toujours cru que c'était un mal humain, mais non, il peut être combattu, simplement par la diplomatie. Lorsque vous vous sentez en colère contre quelqu'un, ou même pour une autre raison, ou même pour rien, pensez que la colère est inutile, et n'est pas humaine, alors, chassez ce mauvais penchant de votre esprit !!! C'est en ne donnant pas foi à ses agissements que nous débouterons ce Mage noir de ces temps qui pourraient être moins obscurs.

    Depuis des millénaires les hommes se battent au nom de la rage qui les habite, il suffit de penser aux médiévaux, ou plus proche de nous aux nazis, ou même les " Forces alliées ", ou encore plus proche de nous au Moyen-Orient. Tout cela, au nom de ce Mage qui nous envoya ce mal. Si vous ne croyez pas à ce que je dis, sachez que si tous les soldats et tous les gens décidaient de déposer les armes, de les fondre, et d'en faire des oeuvres d'art contemporain aux lignes courbes, et bien, il n'y aurait plus de guerres ! C'est dingue quand même, non ?

    Les gens qui ne veulent pas se battre ne se battent pas, et ne se cachent pas derrière une idée absurde, une théorie raciale, ou un autre homme qui les a " obligés " à s'engager dans les affrontements. Personnellement, j'ai choisi de ne pas céder à ma mauvaise humeur, colère, rage, appelez la comme vous voudrez, simplement parce qu'elle n'est pas humaine et inutile.

    Les animaux se nourrissent, ils ont une raison de s'entre-tuer, sans avoir aucune rage en eux, ils ont compris, EUX, les BÊTES ! Mais les hommes, doués d'intelligence, eux, en sont encore à croire ce que le Mage insuffle dans leur têtes. Moi, je prend le parti des animaux, je mange pour vivre, je bois pour les mêmes raisons, et je ne tue pas pour le plaisir du sang, et chaque jour, je combat la rage qui m'étreint, je la laisse toute petite, toute apeurée au fond de moi ...

Par Rodrigue
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Mardi 12 décembre 2006
Les mots, en poésie, ont une importance relative, ils sont positionnés pour leur sonorité, choisis pour leur musicalité plus que pour leur sens. En prose, on utilise les mots pour se faire comprendre, mais aussi un peu comme en poésie, pour leur musicalité, toutefois le sens prime sur le reste.
Dans la vie, on utilise des mots, des dixaines, des centaines, des milliers. Ils ont tous un sens qui leur est propre. Leur seule particularité, dans une conversation réelle, c'est qu'ils cachent un sens immédiat, qui peut susciter différentes choses chez qui l'entend, le bonheur, la joie, la tristesse, la dépression.
J'écris ce texte pour demander à tous et à toutes de peser le sens de leurs paroles avant de les prononcer. Une parole dite "en l'air" peut causer la mort, alors, pesez vos mots, mesurez et dosez vos paroles ... Il est un temps pour la raison, il en est un autre pour la bêtise et la méchanceté, je pense que l'on a assez donné foi à la bêtise pour le moment, il est temps de revenir un peu à des valeurs humaines ...
L'inhumanité n'est pas obligatoire !!!
Par Rodrigue
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Mercredi 13 décembre 2006
RMQ : Voilà, pour ceux et celles qui m'avaient demandé une fin pour cette histoire, j'en ai fait une ... Au moins, j'aurai eu le plaisir d'écrire tout ca, j'espère que vous en aurez au moins autant que moi à la lire ...

Il était une fois dans le noir, des histoires, des mots lancés en l'air par quelques personnes. Rien d'autre ne me paraissait, sinon le son de leur voix. Puis tout à coup, une branche craqua juste à côté de moi, et je vis apparaître un homme, tout de noir vêtu, le visage fin, le nez proéminent légèrement pointu, il avait quelque chose d'un ange, ses yeux étaient d'un vert très clair et très profond rappelant un peu ceux des chats.
_ Bonjour, puis-je vous aider Mademoiselle ? me dit-il avec sa voix douce
Je ne savais que lui répondre ...
_ Exc ... Excusez-moi, je me suis égarée, et je n'ai pu m'empêcher d'entendre vos voix, c'est pourquoi je suis ici.
Il répondit, sur le même ton doux :
_ Ne vous inquiétez pas, je vous attendais ...
Il me fit signe de le suivre, et il s'enfonca dans l'ombre. Ne sachant toujours pas que faire, je restais là, interdite. Puis, comme le visage du bellâtre restait imprimé au plus profond de moi, je décidait de le suivre. Ecoutant toujours les voix, je marchais longtemps sans plus le voir. Commancant à me croire à nouveau perdue, je le vis là, juste devant moi, toujours pareil. Cette fois-ci, je ne voulais plus passer pour une cruche, je comptais bien savoir de quoi il retournait. Je dis :
_ A quel jeu jouez-vous ? J'ai bien failli me perdre à nouveau !!! Et qu'est-ce que toutes ces voix dans cette endroit à cette heure-ci ?
Il eut un petit sourire et répondit :
_ Ces voix sont celles de personnes comme vous qui se sont perdues ici. Certaines récemment, d'autres il y a plus longtemps, mais toutes sont comme vous, et moi ... Et sachez que nous ne jouons pas, patientez encore un peu et je vous expliquerai tout, le temps que je me remette de vous avoir enfin trouvée. Cela faisait si longtemps que j'attendais ...
Il me regardait maintenant avec une infinie tendresse, je crois que je devais le regarder de la même façon. Quel ravissement ! Après de longues minutes passées ainsi, il reprit :
_ Contrairement à ce que vous pensez, je ne sais pas plus que vous où je suis, ni ce que je fais là. Cela fait longtemps que j'ère ici, je ne saurai dire depuis combien de temps. Probablement depuis ma conception il y a environ vingt ans. Depuis ce jour (celui de ma conception), je crois avoir compris que nous vivons tous ici, tous les humains. Les voix que nous entendons sont celles des autres. Parfois, nous sommes proches les uns des autres, sans jamais nous rencontrer. Les voix se font alors plus fortes. D'autres fois, par contre, deux êtres se rencontrent, ils se voient vraiment, la vague voix devient un visage, un être, une entité que l'on trouve si belle qu'on la croit infinie et indestructible. Dès lors, ils cheminent ensemble, et voient le monde complètement différemment, beaucoup plus beau. Voilà pourquoi je suis si heureux de vous avoir rencontrée. J'espère que vous acceptez que l'on se donne la main, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir ensemble ...
Par Rodrigue
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Mardi 9 janvier 2007

Bon, voilà, un petit texte bien nunuche, je ne sais pas si je le classe dans Amour ou Texte Personnels, disons textes ... Bonne lecture, j'espère que l'histoire vous plaira ...


C'était un pâle jour d'hiver.
Il était jeune, blond, les muscles encore longs et fins. Il croyait au coup de foudre, à la vie après la mort, que tous les gens étaient gentils ...
Elle, c'était plutôt le genre rebelle, bottes et vêtements noirs, les idées claires, sans illusions.
Dans un tramway d'une grande ville, un introverti, une "goth" se croisent, leurs regards ne se cherchent pas, pourtant ils se trouvent...
La vie tient parfois à peu de choses, à un tram, un regard.
Elle était intriguée, elle avait beau essayer de détacher son regard, il restait impassible, c'est comme si tout le reste était devenu invisible, sauf ces yeux ...
Lui était pétrifié, il avait bien remarqué cette jolie fille embarquer - il avait toujours aimé ces filles un peu sophistiquées-, mais il n'avait pas cherché son regard, cela l'intimidait. Il était là, ne pouvant plus bouger, ne pouvant plus penser.
Puis, un sursaut du tram les fit rompre le contact. Jamais ils ne se sentirent si troublés. La fille naturellement extravertie était redevenue une petite fille, timide et réservée. Lui, être naturellement rejeté par ses semblables, froussard et refermé sur lui-même, prit la première et meilleure décision de sa vie, il s'approcha d'elle. Au début, il ne put que bafouiller quelques mots stupides, sans suite. Mais au fur et à mesure qu'il parlait, il se sentait de plus en plus libre. Pour finir, il lui demanda : "Tu veux prendre un café ?".
Elle, toujours dans sa rêverie n'avait rien entendu de ce qu'il avait dit, elle avait juste compris ces derniers mots. Prise de court, elle accepta, gênée par le trouble qui l'habitait.
Pour ne pas l’intimider, il lui laissa le choix de l'endroit. Elle, par peur, choisit un pub non loin de chez elle. Elle n'avait vraiment pas envie de s'attarder si cet homme étais un pervers, un violeur, ou pire encore un tueur, mais l’envie de ne pas le perdre de vue était la plus forte.
Le pub était bondé, la culture rock suintait de tous côtés, la musique sortait hurlante des enceintes placées un peu partout dans la longue pièce. Il faisait assez sombre, les tables, des tonneaux, éclairés seulement par une lampe placée au dessus. L’atmosphère générale était assez lourde, mais pourtant, ils se sentirent tout de suite en confiance ... Ils parlèrent longtemps, de choses insignifiantes. Ils étaient contents d'être là...
Ils burent beaucoup. Elle, ne voulant pas passer pour une prude, ne prit que de la bière. Lui, fidèle à lui-même, que du soda. Après plusieurs heures de bon temps, ils décidèrent de rentrer chez eux. C'est à ce moment là qu'il se rendit compte qu'elle était ivre. Elle pouvait à peine tenir debout. Il prit donc sur lui de la racompagner chez elle. Heureusement, elle se souvenait encore du chemin jusque là ...
Son studio était assez petit, on aurait dit une chambre, sauf qu'il y avait de quoi cuisiner et un wc. Il était propre, bien rangé malgré tout ce qui s'y trouvait.
Il l'aurait bien couchée sur son lit, mais elle vomissait trop pour ca, une chance qu'il y avait un wc, il n'avait vraiment pas envie de vider un seau ... Quand elle se fut un peu remise, il lui enleva son manteau de cuir qui était souillé, ses bottes, ses chaussettes, ses bijoux à piques. Il avait si peur qu'elle se blesse. Et il la coucha.
Le lendemain, quand elle s’éveilla, il était déjà treize heure. Il était toujours là, assis sur son " pouf ". Il lui faisait face, et quand il vit qu’elle était réveillée, il sourit.

Elle ne savait que dire. Il était là, beau comme un ange, même avec ses yeux fatigués. Elle avait mal à la tête, même ses cheveux étaient douloureux. Elle se mit sur son derrière, la tête lui tourna quelques secondes, elle eut envie de vomir à nouveau. Mais après quelques secondes, elle se senti mieux.

Il lui tendit un verre d’eau. Elle le prit et remercia entre ses dents. Elle but, l’eau froide lui rendit les idées plus claires. Elle se rendit compte qu’elle était toujours habillée comme la veille, quelques babioles en moins. Elle vit aussi son manteau sur un ceintre, propre, à un endroit autre qu’où elle le rangeait habituellement, ses chaussures sur le paillasson a l’entrée, ses chaussettes dans un coin de la pièce, ses bijoux à leur place, avec les autres, dans leur boîte. Elle ne la fermait jamais, de toute façon, elle était devenue trop petite avec le temps. Tout semblait pareil, mais quelque chose avait changé, sans qu’elle ne puisse mettre le doigt dessus.

Après quelques minutes de contemplation, elle croisa à nouveau le regard du jeune homme. Cette fois-ci, elle rompit immédiatement le contact, elle avait honte qu’il l’ai vue ainsi. Elle était tellement mal à l’aise et avait si mal qu’elle commenca à pleurer. Elle essaya de le cacher du mieux qu’elle put.

Lui, remarquant son désarroi, ne savait que faire, s’approcher, s’en aller, lui parler, ... . Il n’avait aucune envie de partir, elle était décidément trop belle, même dans cet état. Il choisit donc ce qui lui semblait le plus adéquat. Toujours sous le coup de sa timidité, il commenca à lui parler de choses et d’autres, essayant de la divertir, évitant tout commentaire sur son état. Voyant qu’elle ne réagissait pas, il prit son courage à deux main, et s’assit à côté d’elle, lui prenant la main ... Elle se blotit contre lui, heureuse qu’il n’ait pas profité d’elle pendant qu’elle était saoûle, et qu’il se décide enfin à s’approcher ...

Depuis ce jour, ils ne se sont jamais quittés. Voilà maintenant dix ans.

L’histoire ne dit pas s’ils vécurent longtemps et eurent beaucoup d’enfants, elle dit seulement qu’ils vécurent heureux, amoureux, et dans la béatitude complète malgré tout ce qui pouvait leur arriver ...

Par Rodrigue
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Jeudi 24 avril 2008

 


Un soir d’été, comme tous les soirs d’étés dans ce beau pays, il y avait de l’orage, pas de quoi fouetter un chat, mais elle n’était quand même pas à son aise. Je dis elle, mais je suis que bien peu élogieux, je parle d’ELLE. Pas de n’importe qui, de celle-là,de celle dont tout le monde parle mais dont personne n’ose prononcer le nom.

 

Il était aux alentours de dix-sept heures, tout était calme, serein, les grillons chantaient, et puis, d’un coup, vers dix-neuf heures, un bruit, comme le tonnerre, failli lui faire attraper une crise cardiaque, tellement il fut fort et soudain dans le calme du soir.

 

C’était le début de la fin, le bruit, même lointain, l’avait touchée, c’en était fait d’elle. ELLE, dont tout le monde parlait. Tout le monde pensait que rien ne pouvait lui arriver, c’était ELLE, mais lui, savait ce que les autres ne savaient pas …

 

Et BANG ... le bruit ... elle était touchée par le bruit …

 

... le bruit …

 

... et puis, plus rien, la fin était arrivée, pendant une soirée d’été … le bruit … annonçant l’orage, et puis, BANG, le bruit toucha une deuxième fois, et la fin aussi …

Par Perceval
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Jeudi 24 avril 2008

 


















 

 

 

 

 

 


A : Bonjour

B : Euh, B… Bonjour …

A : Veuillez vous en référer au code, on ne bégaie pas, on ne dit pas « euuuh », c’est malpoli.

B : Oui, Môsieur …

B : AÏE !!!

A : Et on articule !

B : … … … Monsieur ?

A : Oui ?

B : Comment c’est, dehors ?

A : Autrefois, c’était beau, mais maintenant, avec toutes ces histoires, c’est devenu très laid, un peu comme toi, d’ailleurs.

B : …

A : ... Mais tu n’y peux rien, le monde est ainsi fait, certain naissent beaux, d’autres laids, toi, tu n’as pas eu beaucoup de chance.

B : …

A : Mais la vie, bien que parfois cruelle, peut t’apporter beaucoup de bonnes choses, comme

B : la mort ?

B : AÏÏÏE !!!

A : NON, pas la mort, mais … Je ne sais pas, moi, l’Amour par exemple !

B : Je ne comprend pas …

A : Comment pourrais-tu ?  Ce n’est pas en restant assis comme une loque dans ton fauteuil que tu vas trouver l’a…

B : Monsieur ?

A : … aaa … aam … aarr …

B : Monsieur ?

A : pppfffff

B : Papa ?

B : Pourquoi tu ne dis rien ?

B : …

Par Perceval
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